Le marathon du visionnaire ou l’art d’avancer vers son rêve
Sur la voie de la réalisation d’un projet, tes résultats sont à la mesure de ton travail. Pour réaliser un projet de façon satisfaisante, il y a un savant mélange de perspicacité, de précision, de timing, de préparation, de leadership, de confiance, d’expérience, de compétence et de magie, ce qui fait beaucoup! Et bien sûr, il faut être capable d’avoir les pieds sur terre et la tête au ciel, ce qui n’est pas donné à tout le monde… Heureusement, tout ça s’apprend. Voici les étapes que j’ai dû traverser jusqu’à maintenant dans la réalisation de mon projet.
D’abord, faire une mise au point sur son objectif
Si tu es idéaliste (comme je le suis) tu as facilement des idées, une vision et l’envie de la réaliser, mais tu ne sais pas toujours par quoi commencer. Clarifier sa vision de départ permet de concentrer toute son énergie sur un objectif et d’éviter l’éparpillement qui traque tout créateur. Notre objectif est parfois très clair et parfois un peu flou. Il nous faut explorer pour préciser le projet avant de se lancer dans une direction donnée. Concrètement, cela se fait en rencontrant des gens qui réalisent des projets similaires au nôtre, en lisant et surtout, en se confrontant à la réalité. On peut être accompagné d’un coach ou de nos amis pour préciser notre projet.
L’entraînement commence
Ensuite au fur et à mesure qu’on avance, on réévalue notre objectif en fonction des constats. Il faut constamment recalibrer notre action en fonction des résultats. Le plus intéressant dans cette phase est d’apprendre à tomber et à se relever, à développer ses techniques et ses réflexes et à être de plus en plus précis dans nos actions. Quand cette phase de test a bien été entamée, on est prêts à commencer le marathon.
Développer son endurance
La plupart du temps, on est tout de même assez seul avec soi-même sur notre route, avec nos propres capacités. On voit le temps qui file, les jours qui passent et nos réserves diminuent. La motivation dégonfle et on a envie de s’arrêter… Ce sont les rencontres avec d’autres marathoniens qui nous permettent de passer ce cap.
Alors qu’on avance à peine, un/e athlète tout/e bronzé/e nous dépasse dans ses baskets bien ficelées, avec ses mollets d’acier et son sourire fendu jusqu’aux oreilles. En nous voyant peiner, il nous dit «Ben alors, tu fais quoi là? T’as un problème?» «Non, non, je faisais juste une petite pause». «Une pause en plein désert? Ce n’est pas vraiment le bon moment pour t’arrêter, il y a encore beaucoup de chemin à faire et tu dois t’endurcir. Encore quelques kilomètres et tu atteindras un premier point de restauration.» «Oui, je sais, je faisais juste une petite pause pour mieux continuer…» «Ok, mais en tout cas, si tu restes à cette vitesse-là, tu risques d’abandonner et ce sera difficile de repartir. Continue, ne t’arrête pas!» Sur ces mots d’encouragements, il repart à fière allure en gambadant comme une gazelle.
Et là… le meilleur de toi commence à émerger
Toi tu le regardes s’éloigner vers l’horizon et ton regard redescend sur tes pattes. Tu te dis que tes mollets ont encore des kilomètres à parcourir avant d’être aussi bombés et bronzés que les siens. Tu éprouves un sentiment de respect envers cette personne, car elle a visiblement travaillé fort pour en arriver là. Ce n’est pas le moment de renoncer et tu te dis que tu PEUX le faire. Surtout, tu te dis que tu aimerais bien arriver au bout pour être fier d’avoir réalisé ton projet, alors tu repars en essayant de te concentrer sur ta respiration, en mode économie d’énergie. En voyant d’autres marathoniens qui peinent sur le même chemin que toi, tu éprouves de la compassion.
Tu réalises que le chemin est plus long que tu ne le pensais, que ce n’est pas vraiment linéaire comme tu te l’étais imaginé, parce que ton mental est vraiment important, plus que tu ne le croyais. En regardant le chemin qu’il te reste à parcourir malgré tous les efforts que tu as fournis, tu commences à vraiment comprendre ce qui t’attends et tu te débarrasses de ton ego, car il prend trop de place et t’empêche de voir clair. En encourageant les autres autour de toi et en te motivant, tu éprouves une nouvelle sensation : la solidarité avec ceux qui tentent de réaliser des projets.
Si tu en es là, bravo! Tu commences à devenir un vrai marathonien. La prochaine étape sera de recommencer le cycle, car avec chaque prise de conscience, tu revisites ton objectif initial et tu réajustes ton action. L’expérience de vivre devient alors beaucoup plus exaltante, car tu as l’impression d’avoir les yeux grands ouverts et de ressentir avec plus d’intensité chaque pas.