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Ikigai: quête de sens et longévité

Qu’est-ce que l’accomplissement de soi? Dans une société où la pression de réussir est bien présente, difficile de savoir. Chacun souhaite laisser sa marque, être quelqu’un – et pas n’importe qui! Notre culture de performance et de grandeur influence nos buts personnels.

 

La raison de ses ambitions

On se démène dans une course folle à la réussite, mais celle-ci peut agir comme des œillères. En concentrant son focus sur un résultat, on perd de vue la motivation derrière celui-ci. Par le fait même, on oublie de mesurer la satisfaction qu’on en retire réellement. 

Avant de se lancer corps et âme dans l’atteinte d’un objectif, petit ou grand, professionnel ou non, prendre un pas de recul est de mise. Un (ou plusieurs) moment d’introspection s’impose pour réussir à identifier ce qui meublera notre train-train quotidien en nous faisant oublier la routine, les efforts et tout le reste. Quelles causes, contributions, ou personnes me poussent à me lever le matin? La réponse à cette question est notre Ikigai.

 

Ikigai, purpose… en français s’il-vous-plaît!

L’Ikigai est un concept japonais qui existe depuis plusieurs centaines d’années. Il combine iki (vivre) et gaï (qui vaut la peine, raison) pour littéralement se traduire par « raison de vivre ». 

Ladite raison n’a nul besoin d’être grandiose, en autant qu’elle soit significative pour soi et nous permette de vivre une vie satisfaisante et en cohérence avec nos valeurs.

De nos jours, cette philosophie apparaît fort pertinente bien au-delà des frontières du Japon. Face à l’infinité de choix de vie auxquels nous avons accès, il peut être difficile d’identifier ce qui nous drive réellement. C’est l’identification de ce moteur et de nos moyens de prédilection, propres à chacun, qui imprègne de sens nos actions quotidiennes. Bien plus qu’un but, c’est un art de vivre.

L’Ikigai peut être décortiqué comme étant au milieu de quatre composantes.

  • Ce que j’aime, ce qui m’anime, m’intéresse. Qu’est-ce qui m’attire naturellement et me fait profiter de l’instant présent?
  • Ce dont le monde a besoin. À quoi ai-je envie de contribuer? Comment puis-je concrètement aider quelque part? Qui a le plus besoin de moi? De mes talents?  À l’époque où nous étions en petits groupes de chasseurs-cueilleurs, c’était bien simple: chaque individu avait un rôle nécessaire au bon fonctionnement de sa communauté.
    Maintenant, cet apport à la collectivité est infiniment plus complexe. Certains ont besoin de contribuer à plus grand qu’eux-mêmes, de sentir qu’ils ont un impact sur la société et ses grands enjeux, sans quoi ils se sentent comme une goutte dans l’océan. Ils ou elles s’attristent à se dévouer dans un travail dont l’impact n’est pas tangible.  L’impression de pouvoir être aisément remplacé et oublié peut aussi largement contribuer au manque de stimulation professionnelle. D’autres trouveront le sens à petite échelle, auprès de leur cercle social, de leur famille, de leur communauté.
  • Ce en quoi je suis bon, mes talents. Dans quel domaine suis-je prêt(e) à mettre des efforts pour m’améliorer? Ceci ne se limite donc pas à ce en quoi nous sommes naturellement doués, mais à ce que nous souhaitons approfondir comme pratique, en lien avec nos forces.
  • Ce que pour quoi je peux être reconnu (ou payé). En d’autres mots, ce qui aura de la valeur aux yeux des autres, ce qui apportera une réelle contribution, une aide suffisante pour qu’ils soient prêts à nous rémunérer en retour (dans le cadre d’un emploi).

L’Ikigai est à la jonction de ces quatre sphères. C’est le point de cohérence entre ce qui nous anime intérieurement et les gestes que nous posons au quotidien.

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Gagner son pain

Certains moments de transition reliés à la carrière sont typiquement associés à la quête de sens. Pensons notamment aux jeunes professionnels à la fin de leurs études. Il n’est pas rare qu’ils se sentent prêts à attaquer un marché de l’emploi qui, finalement, ne correspond pas à leurs espoirs. Bouleversement! Est-ce que j’ai fait mes études pour rien? Cette carrière me convient-elle réellement? Où puis-je trouver le sens que je pensais trouver ici?

Un autre exemple est celui des personnes fraîchement retraitées qui se retrouvent chamboulées en l’absence d’emploi. S’étant identifiées par leur occupation plusieurs décennies durant, elles perdent un repère fondamental de leurs ambitions. Même si notre métier fait partie intégrante de nos vies, le laisser nous définir à part entière (le quoi plutôt que le pourquoi), nous laisse démuni devant le vide.

Force est d’admettre qu’il faut un revenu pour survivre. Toutefois, la qualité de vie n’est pas systématiquement proportionnelle au chèque de paye. Quoique nécessaire, l’argent peut agir comme un frein à la quête de sens et à l’exploration de son Ikigai, voire nuire à l’incarnation de celui-ci. 

La richesse n’est pas que monétaire

La conception occidentale de l’Ikigai a relié le salaire au volet « reconnaissance ». À noter que cette dernière n’est pas nécessairement financière; elle peut venir de la communauté, des relations, de la famille, etc. 

On passe peut-être une bonne partie de notre carrière à chercher ce sentiment de cohérence entre notre emploi et ce qui nous tient à cœur. Le travail prend tellement de place dans nos vies qu’on essaie désormais de lui accoler une signification plus profonde que le simple boulot. 

En effet, la job occupe une proportion considérable de notre temps et de notre énergie, deux denrées précieuses. C’est normal de désirer les investir en harmonie avec nos buts et convictions. Or, il vaut la peine de se demander si cette vision à l’occidentale, selon quoi notre travail doit répondre à notre mission de vie, n’est pas source d’anxiété et d’insatisfaction évitables. 

Il y a-t-il d’autres moyens de développer son Ikigai qu’à travers le travail? Bien sûr!

En complément de notre métier, on peut par exemple lancer un projet personnel à côté, ou s’impliquer bénévolement. À chacun sa façon de faire!

 

Vivre plus longtemps et mieux

L’Ikigai tire ses origines du village japonais d’Ogimi, dans l’archipel d’Okinawa. Ses habitants sont plusieurs à souffler les cent bougies et même plus! Dans ce coin de pays, l’espérance de vie est largement au-dessus de la moyenne mondiale. Toutefois, les taux de maladies chroniques et de démence sont inférieurs au reste de la planète. Pardon ?!

Les nombreux aînés de cette île du Japon présentent, en grande majorité, un niveau de santé impressionnant. Il est chose commune pour eux d’être actifs tous les jours. Ils jouent au tennis, s’occupent de leurs jardins, ont une vie sociale active… et une raison de vivre précise. Garder sa tête stimulée ET apaisée par un sentiment de richesse intérieure et de sens serait-il garant d’années de vie supplémentaires?

Cette interrogation suscite de l’intérêt auprès de la communauté scientifique. Une étude réalisée auprès de plus de 43 000 adultes japonais pendant 7 ans a conclu que l’absence d’Ikigai était liée à un risque de mortalité plus élevé!

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Une conclusion similaire a été tirée d’une autre étude réalisée aux États-Unis sur une période de 14 ans auprès de 6000 participants. En bref, sentir que son existence a un but, c’est gagnant pour vivre longtemps.

Bien sûr, ce phénomène n’est pas purement causal. Avoir une raison d’être n’égale pas systématiquement une longue vie… mais c’est un bien bon début! 

Un ensemble complexe de bonnes habitudes entre aussi en jeu : adopter une attitude résiliente, apprendre constamment, s’alimenter sainement, bouger tous les jours, sentir un sentiment d’appartenance à une communauté, s’émerveiller devant les choses simples, avoir une bonne hygiène de sommeil… Voilà les diverses pratiques présentées dans le livre Ikigai: Le secret des Japonais pour une vie longue et heureuse – une lecture hautement intéressante, en passant.

 

Et moi?

Après la théorie vient la pratique. Comment déceler son Ikigai? Ce processus peut paraître intimidant. Après tout, c’est une remise en question qui requiert observation, transparence, effort et patience. Pas de crainte: c’est faisable, et ça en vaut la peine!

Il va de soi qu’entreprendre une bonne introspection est nécessaire au sein d’une telle démarche. Chez De Saison, on prône l’importance de prendre rendez-vous avec soi-même sur une base régulière. Faire le point sur notre satisfaction et se poser les bonnes questions permet de mieux avancer.

Déterminer sa raison d’être, ça ne se fait pas du jour au lendemain. C’est un travail à effectuer à son propre rythme. Cultiver un état d’esprit ouvert, être franc envers soi-même et prendre beaucoup de notes sont des trucs indispensables. 

Après s’être demandé « Pourquoi je fais ce que je fais et est-ce que ça me satisfait ? », d’autres pistes d’exploration sont possibles.

  • Qu’est-ce qui me plaît dans ma vie quotidienne?
  • Mes objectifs de vie sont-ils fixés par moi ou les autres?
  • Quelles sont mes valeurs personnelles?
  • Quel est mon impact?
  • Comment j’apprends et j’évolue?

L’exercice doit être accompli de manière honnête, car ultimement, le fruit de cette réflexion orientera nos choix importants.

Nous proposons d’ailleurs une série de contenus et d’exercices audio en adéquation avec la notion d’Ikigai. Notre programme Satisfaction Travail-Famille-Vie personnelle traite de connaissance et de leadership de soi. Il initie et approfondit la réflexion sur nos sources de satisfaction au travail et dans la vie ainsi que sur les stratégies créatives pour en générer plus.

Se reposer sur son Ikigai 

Un parcours de vie n’est valorisant que s’il est en cohérence avec nos priorités. Quand c’est le cas, la motivation pour accomplir nos objectifs vient de soi (motivation intrinsèque) et non d’une pression extérieure (motivation extrinsèque). Ainsi, on regagne le contrôle sur notre épanouissement en étant maîtres du sens de sa vie. 

Évidemment, l’Ikigai n’est pas fixe; il peut évoluer avec nous et les étapes de notre vie. Les ambitions ont le temps de changer entre l’adolescence et la retraite! Voilà la beauté de cette pĥilosophie. C’est un défi, large ou précis, qui nous permet de développer nos capacités avec stimulation et satisfaction à tout âge.

Le vrai avantage de l’Ikigai est possiblement qu’il nous apaise dans notre tendance à en vouloir toujours plus. Il nous aide à nous recentrer sur le moment présent tout en faisant de l’espace pour ce qui contribue autrement à notre santé, notre épanouissement et notre longévité. 

Gardons en tête que maintenir son corps en mouvement, cultiver la soif d’apprendre, dormir suffisamment, entretenir des relations saines, faire preuve de flexibilité devant les obstacles de la vie et bien manger sont d’autres réflexes à mettre en place. C’est bien connu: un esprit sain dans un corps sain! 

 

À retenir

Alors, qu’est-ce que l’accomplissement de soi? La seule bonne réponse est celle qui nous est personnelle, qui nous permet d’avoir un impact autour de soi et d’être reconnu en combinant passions et aptitudes.

Riches de cette connaissance de soi, nous voilà éclairés pour naviguer dans la vie moderne et résister aux solutions de bonheur préfabriquées qu’on nous envoie chaque jour au visage. 

L’Ikigaï met des mots sur cette quête universelle de trouver, en soi et dans sa vie réelle, la véritable satisfaction d’une vie bien vécue, à son image. 

Pour plus de détails concernant la recherche sur la longévité, l’ouvrage mentionné précédemment est une mine d’or.  Il présente les observations faites sur les habitants de l’île d’Okinawa et approfondit la notion de raison d’être.

Plonge à la recherche de ton Ikigai avec nous.

 

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