Quand la vie nous amène ailleurs
« Oublie le plan, je t’amène ailleurs » – la vie.
Voilà ce qui résume mon année 2025.
À la fin de 2024, j’ai ressenti un grand sentiment de satisfaction. J’ai eu le sentiment d’avoir concrétisé ma vision pour De Saison, d’avoir atteint mes objectifs. C’est un sentiment qui a été non pas grisant, mais apaisant.
Or, puisque le temps ne s’arrête jamais, on a à peine célébré qu’on s’est demandé : « c’est quoi la suite? ».
Et la réponse, ben, elle ne me venait pas.
En toute honnêteté, je ne ressentais pas d’élan de construire une autre phase, une extension, ni même une nouvelle offre. Je ressentais le besoin de souffler un peu. De surfer sur la vague.
Mais parce qu’il le fallait bien, j’ai fait un plan. Un plan rationnel, inspiré de tous les conseils entrepreneuriaux que j’ai pu entendre ou même prodiguer :
• Valoriser nos marques
• Croître
• Recruter une première employée avec des compétences complémentaires
• Créer des offres récurrentes ou plus à long terme
• Développer une offre d’accompagnement plus complète dans le cadre de la loi 27 sur la prévention des RPS au travail.
Puis, Donald Trump a commencé son mandat aux États-Unis et tout s’est figé. Lors de la crise de la Covid-19, il y a eu des entreprises qui ont été figées de force. De Saison, au contraire, a été propulsée par cette crise. Cette fois, nous n’avons pas eu cette chance.
Les coupures et les gels de dépenses nous ont frappées de plein fouet. Et c’est là que la vie m’a dit « oublie le plan, je t’amène ailleurs. ». Pour tout vous dire, il n’y a pas grand monde que je suivrais les yeux fermés, outre mon chum. Mais avec la vie, on n’a pas tellement le choix.
Je vous mentirais si je vous disais que ça ne m’a pas stressée.
J’ai quand même essayé de naviguer la situation. D’être stratégique.
Mais je vous le rappelle : je traînais justement une fatigue stratégique, décisionnelle et créative issue des 5-6 dernières années à saupoudrer des offres à tout vent, au gré des tendances et du contexte changeant à vitesse grand V.
Alors rapidement, j’ai volontairement décidé de ne rien décider.
De garder le cap et d’attendre que la crise passe (merci à ceux qui me l’ont conseillé).
Je me suis laissée porter par d’autres sources de revenus à temps partiel, par d’autres opportunités. Je ne l’ai vraiment pas vu comme un échec, plus comme une stratégie pour protéger De Saison.
Ce changement de trajectoire s’est avéré être ce dont j’avais le plus besoin. Il m’a fait vivre autre chose, m’a fait rencontrer des personnes nouvelles, m’a fait me sentir utile, m’a permis de réintégrer mes forces et ma posture de consultante en communications et de directrice de marque pour d’autres clients que moi-même. J’ai retrouvé le plaisir d’accompagner sur la durée et de voir le travail se concrétiser.
J’ai passé du temps avec nos partenaires, j’ai eu de belles discussions, j’ai fait de belles rencontres, dont celle d’un certain auteur dont j’ai acheté les livres. Dès le tome 1, j’ai appris deux choses qui allaient me coller à la mémoire :
1- Je suis une personne qui aime la complexité et qui s’ennuie quand les seuls problèmes à régler relèvent du simple et du compliqué. CELA DIT, ça fait du bien d’avoir des problèmes simples et compliqués à résoudre à travers le lot, parce que la complexité, c’est parfois long et exigeant!
2- Mon approche intuitive face à la complexité (sonder) est la bonne et nourrir intérieurement l’urgence de trouver la bonne réponse n’est que du bruit dans le processus.
Ces constats m’ont été particulièrement utiles pour ne pas (trop) paniquer après l’annonce du départ de Marie-Andrée. Parce que cette annonce – bien que tout à fait légitime – est venue fragiliser encore plus les fondations de De Saison et par le fait même quelques pans se sont effondrés.
Parmi ceux-ci, le plan que j’avais écrit en 2025.
C’est ce qui a le plus rapidement perdu de son sens.
Je me suis retrouvée devant une entreprise qui serait bientôt à demi désertée et je pense que je me suis posée pas mal toutes les questions que je devais me poser. À savoir si je voulais continuer ou non, si j’avais été une bonne partenaire d’affaires et ce que j’avais à apprendre de tout ça.
Le plus difficile pour moi a été la fin de la collaboration avec Marie-Andrée. On travaillait si bien ensemble et ben, nos routines de travail, c’était l’fun! C’est plus là que j’ai dû vivre un deuil (je suis passée par toutes les étapes, une à une, sans forcer) et j’ai eu besoin de me retrouver comme personne et comme professionnelle en marge de cette relation de proximité-là, et ce, pendant un bon moment.
Bref, je me suis donné beaucoup de temps avant de décider de ma suite. Ce temps du repos cognitif (aka : fatigue stratégique, créative et décisionnelle, malgré les Temps blancs réguliers.) m’a été bénéfique et mes proches ont été précieux. J’ai ensuite profité de la transition vers 2026 pour continuer à explorer mes options.
À travers ces sondages, discussions et même des entrevues pour des jobs à temps plein, les réponses sont venues une à une :
- Le désir de conserver l’entreprise.
- Le désir de continuer seule.
- La vision d’avenir qui me donnait de l’élan.
Fast forward 6 mois plus tard et je peux affirmer que je ne suis plus la même personne qu’en octobre 2025.
Finalement, j’avais vraiment besoin que la vie m’amène ailleurs.
J’ai toujours cherché à partager mes projets avec d’autres, et pour moi ce sont toutes des histoires mémorables : mes premiers ateliers via mon blogue Riendemoins et ma première entreprise de stratégie et rédaction, Oomph3 que j’ai partagé un petit bout avec Catherine, Les Inspirés que j’ai fondés avec Élise et Myriam, puis De Saison avec MA. Je sais que j’ai voulu le vivre avec d’autres en partie par manque de confiance en ma capacité à tout mener de front seule, à l’époque, mais beaucoup aussi dans le but d’en partager l’expérience, de réfléchir et de faire ensemble.
Au terme de tout ça, je pense que c’est tout à fait normal, aussi, de vouloir retrouver notre pleine agentivité. Et c’est cette agentivité retrouvée qui me réjouit le plus aujourd’hui.
J’aurai 43 ans cet été et je suis différente de la fille que j’étais il y a 6 mois.
J’ai changé de coquille, et je pense que c’est peut-être ce que MA a eu besoin de faire aussi.
Cette nouvelle coquille est plus spacieuse et je la sens plus solide. Au début de De Saison, j’ai voulu tout mettre mes intérêts professionnels à l’intérieur d’un même projet et ça a marché. Mais depuis ce recul, d’un point de vue professionnel, je ne me considère plus juste Julie « De Saison », je suis revenue à Julie tout court, une professionnelle d’expérience en communication et mobilisation, une multi-passionnée, engagée, qui se donne à fond dans tous les projets dans lesquels elle croit.
Je suis ouverte à une diversité d’expériences et de missions, dont celle de continuer à être la propriétaire unique de De Saison et de travailler pour une culture du travail plus saine et plus cohérente avec le rythme naturel des choses et le fonctionnement des humains.
Plus globalement, je continue d’avoir envie de faire partie d’une communauté d’humains modernes déterminés à vivre et travailler de façon saine et satisfaisante à travers le quotidien bien rempli.
Et j’ai l’intention d’être de celles et ceux qui se font un point d’honneur de passer de la connaissance à l’action, à travers des expériences imparfaites, mais riches, et à grandir ensemble à travers celles-ci.
Et cette communauté, c’est vous!
Que tous ceux qui se reconnaissent dans cette quête se joignent à moi (et à un nouvel espace de communauté gratuite en construction).
On a encore bien du pain sur la planche. Et l’optimisme, ça garde inspirés dans les périodes plus sombres.
Au plaisir d’échanger ou de faire équipe dans les saisons à venir,
Julie




