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S’élever et gagner en maturité à travers les revers et la vulnérabilité.

En cette mi-année, après une infolettre de juin sautée et quelques mois de silence sur les médias sociaux, nous avons envie de vous partager en toute transparence notre expérience des derniers mois. Comme à l’habitude, je me ferai la porte-parole à travers cet éditorial.

Notre expérience n’est certainement pas unique, elle est fort probablement similaire à ce que vivent d’autres entreprises comme la nôtre, mais les médias sociaux étant ce qu’ils sont, édulcorés, j’ai eu envie de vous partager ce récit personnel : « l’histoire que je me raconte » sur ces derniers mois.

Dans les faits, l’histoire est plutôt ordinaire : un marché qui ralentit en raison d’une instabilité sociale, politique et économique, puis qui reprend tranquillement. 3 entrepreneures qui élaboraient un plan de croissance et qui ont plutôt dû élaborer un plan « de rationalisation ». Dans l’intermède, elles composent avec l’incertitude et gardent le cap sur le développement d’une nouvelle offre, sans le filet de sécurité sur lequel elles comptaient (aka, les mandats habituels qui sont moins nombreux qu’espérés). Si c’est ça l’histoire qui vous intéresse, elle se termine avec une reprise encore timide mais prometteuse… et un cashflow à rebâtir! Fin.

 

L’autre histoire

On sait tous que les faits ne sont pas toute l’histoire. Car l’incertitude nous brasse à l’intérieur. On avait tous les trucs, on a même fait un webinaire sur le sujet! Et oui, on les a mis en application.

Est-ce que ç’a été plus facile? Assurément. Est-ce que ça nous a protégé de toutes les vagues et montagnes russes intérieures ? Oh que non !

Il pourrait être simple de balayer les 6 derniers mois du revers de la main, mais à nos yeux, c’est l’expérience humaine et ce qu’on en retire qui sont empreints d’une grande richesse. C’est de ça qu’on peut apprendre mutuellement.

En regardant dans le rétroviseur, c’est encore plus puissant. Parce qu’on peut distinguer les différentes histoires. Certes, il y a celle qu’on se raconte pendant qu’on est dedans, mais parfois une autre histoire s’écrit via nos stratégies d’adaptations et c’est uniquement plus tard qu’on en prend conscience.

L’inconfort

Dans notre monde instantané, on a souvent l’impression de devoir trouver des solutions rapidement, vous connaissez sûrement l’adage « ne m’apportez pas un problème, mais une solution ».

Or, quand le problème est complexe, il est possible que la solution ne soit ni évidente, ni rapide à élaborer. Plus encore, il est possible qu’on ait besoin de temps et de soutien pour innover ensemble et tester notre stratégie. Agir, oui, mais en cohérence avec ses besoins et ses valeurs. C’est tellement, mais tellement important de se le rappeler, parce que quand on vit un inconfort, on veut toujours toujours s’en débarrasser au plus vite.

Alors qu’il faut parfois simplement l’apprivoiser.

L’histoire, à travers mon ressenti.

Étant une personne très proche de mes émotions, guidée par celles-ci et par mon intuition tout autant que par l’acquisition et la compréhension de connaissances, l’histoire que je me raconte est toujours teintée de ces deux lunettes. La logique + Le ressenti. Le volet pratique +Le volet humain. Le volet extérieur + Le volet intérieur.

Chacune d’entre nous avons vécu les vagues des derniers mois de façons différentes et à des rythmes différents. Personnellement, j’ai navigué dans le brouillard et maintenant qu’il se dissipe, je vois plus clair sur les différentes histoires à raconter.

Janvier

  • D’abord, après notre Lac-à-l’épaule de décembre, notre plan était clair : grandir. Bien qu’on ait voulu aller vite dans le déploiement de chantiers en janvier, je ne sentais pas que notre alignement était clair ou abouti. Il y avait encore trop de souhaits et de projets sur la table, internes, externes, opérationnels. Je sentais qu’on allait dilapider notre énergie, nos ressources, et c’est un peu arrivé. C’était comme s’il nous manquait une session de priorisation, comme si on ne voulait pas renoncer, même si tout laisser sur la table ou tout faire en même temps fragmentait notre attention, notre focus et notre vélocité (ça nous ralentissait). Et en plus, ça nous a fait bifurquer de quelque chose de central : nos ventes.

Avec le recul, je réalise que le début de l’année était déjà teinté de brouillard. J’ai l’habitude de travailler à l’aide d’une vision. Je sais où je veux aller, et il reste à trouver le chemin. Après 6 ans en affaires, je me posais la question : mais où est-ce que j’ai vraiment envie d’aller? Je n’arrivais pas à y répondre clairement. Je voulais garder mes acquis. Bâtir là-dessus. Inclure les préférences de tout le monde. Je n’osais pas du tout affirmer que je rêvais de voir De Saison pivoter vers un autre modèle d’affaires, plus durable.

  • Dès la deuxième semaine de janvier, on est tombées dans le piège de penser que prendre le temps de planifier, c’était perdre notre temps. On avait déjà prévu des sessions de travail sur les chantiers, alors go. Certains étaient incontournables et clairs, comme accueillir Marthe dans notre équipe. D’autres étaient précipités. À ce stade, je me sentais encore dans le brouillard « où est-ce qu’on s’en va exactement? », en plus avec tout ce qui se passait dans la société, j’étais à l’affût, mais je ne voulais ralentir personne. Certains chantiers pouvaient avancer malgré mes questionnements stratégiques. Il y a tellement de phrases toutes faites en affaires, comme la fameuse Act fast, fail faster, ce qui fait qu’on peut se sentir mal de prendre le temps. Oui, même nous. Janvier était tranquille côté demandes, alors on en a profité pour travailler sur l’interne et des offres gratuites dans un esprit d’utilité et de développement des affaires.

La question « mais où est-ce qu’on s’en va? » était peut-être déjà présente dans ma tête au tournant de l’année, mais elle s’est amplifiée avec le contexte chaotique marqué par les élections américaines et la prudence économique. Elle s’appliquait désormais à l’entreprise, mais aussi à la société en général. Je voyais mes valeurs être effacées de la société par nos dirigeants politiques, le discours changer, le ton se durcir. Les connaissances peuvent être ignorées, débattues, diminuées, voire rendues caduques par l’IA. Ça m’a inquiétée. J’ai eu l’impression que ça me demanderait une énergie que je n’avais peut-être pas de continuer à travailler pour l’humain et son épanouissement dans nos milieux de travail. J’étais affectée et pour diminuer mon stress, je cherchais honnêtement comment trouver ma place et ma paix là-dedans.

Février et mars

  • En février et mars, la notion de brouillard était de plus en plus omniprésente car rien ne se clarifiait, pire, le marché ne reprenait toujours pas. Dans cet entre-deux rempli de questionnements, je ne savais plus ni quoi dire, ni quoi faire – ni à court terme pour relancer les ventes dans un marché paralysé, ni à long terme pour bâtir notre projet. J’avais moins le cœur aux partages – mais je partageais quand même ce qui m’inspirait dans le moment, ce à quoi je m’accrochais, en me disant que ça en inspirerait sûrement d’autres.

Avec le recul, je constate que l’action régulière, que ce soit l’exercice, la rédaction d’infolettres, l’animation de formation Temps blanc en ligne ou la création de contenus pour nos prises de parole publique m’ont fait le plus grand bien pendant cette période. Comme quoi deux vérités peuvent cohabiter. Le confort du connu et les questions remplies d’inconnu. Je me suis beaucoup culpabilisé de ne pas en faire plus, ne pas savoir quoi faire de plus. Mais j’ai quand même l’impression de m’être adaptée sainement dans les circonstances, pas sur-adaptée ni sous-adaptée.

Mars-avril

  • Fin mars – début avril, j’ai senti un regain. Les solutions à court terme me semblaient plus palpables, même si peu agréables. Ma routine a été chamboulée pour composer avec la baisse de demandes pour nos ateliers. J’étais dans un genre de chaos intellectuel et émotionnel – en réaction à une situation que je n’ai pas choisie. De vraies montagnes russes : on va être correct, c’est de la m*rde, on fait ce qu’il faut, mais c’était pas ça le plan, c’est un passage obligé pour tous les entrepreneurs, je veux que ça redevienne comme avant, je peux le faire, c’est trop pour moi.

  • En parallèle, il y avait encore des idées formulées en questions sur des Post-its. Est-ce réellement ce que nous voulons? Est-ce notre meilleure contribution? Est-ce la bonne formulation? Et celle-ci? C’est là que je suis devenue silencieuse, je me sentais en transformation et, pendant cette transformation, je ne savais plus quoi dire et tout, d’ailleurs, me semblait déjà dit.
  • J’avais plutôt la tête aux nombreuses hypothèses à tester et à fouiller en profondeur avant d’ériger quoi que ce soit en chemin certain. Pendant cette période, ce qui m’a fait le plus de bien, ça a été de quand même vivre dans le moment présent et de me permettre la récupération, comme d’habitude. Suivre nos propres conseils avec le Modèle Temps Blanc – et connecter humainement avec les gens de mon entourage,  en plus de me rendre utile ailleurs.

Mai

  • En mai, les morceaux de casse-tête se sont finalement alignés et j’ai repris confiance, pas à pas. Je suis sortie de ma caverne solitaire, ça m’a aidée. Par un mélange de circonstances, de partenariats, d’échanges et d’aboutissements du travail amorcé, mais aussi de cheminement intérieur face à l’adversité, j’ai senti que la prochaine version de De Saison émergeait et qu’on s’allégeait du même souffle.

Dans un contexte comme celui-ci, on peut avoir l’impression que le monde s’assombrit, mais on peut aussi se rapprocher de ceux qui ont envie d’être du côté du progrès – malgré tout. Il y en a toujours qui continuent comme si de rien n’était. Et c’est auprès de ceux-ci que j’ai eu envie de cheminer.

Juin

  • En juin, nous avons commencé à récolter les fruits de notre récent travail – quelle satisfaction. De nouvelles propositions enthousiasmantes et de nouveaux mandats alignés sur notre nouvelle offre, plus stratégique, plus structurante, en santé au travail et en culture de prévention. Mais le plus précieux, le plus satisfaisant, c’est que c’est indéniable, notre trio est plus fort.

Pendant que ça allait moins bien, l’entreprise a grandi et nous a fait grandir. Rien n’est gagné,  mais on est prêtes à jouer la prochaine manche, dans ce qui nous semble une autre ligue – dans la bonne ligue. Avec une posture plus mature, plus assumée et plus alignée avec ce que nous sommes devenues après 6 ans de vie supplémentaire.

Nous ne voulions nous départir de rien, mais force est de constater que ce ralentissement nous a amenées à prioriser ce qui nous semblait comme l’offre la plus porteuse – et pour nos clients, et pour nous et pour De Saison. Tout a encore sa place – Le Modèle Temps Blanc, Leadership Nouvelle Vague, notre Magazine, notre communauté, nos ateliers, mais différemment.

Difficile à croire, mais en nous laissant porter par le contexte et en faisant ce qui nous semblait la bonne chose à faire, nous nous sommes élevées vers un plan d’affaires plus simple.

Nous avons travaillé fort toutes les trois pour développer une offre intégrée en création d’une culture de prévention des risques psychosociaux au travail. Une offre destinée aux organisations dans leur ensemble, mais en particulier aux responsables et comités SST en partenariat avec inpowr.

Nous avons aussi tissé d’autres partenariats vraiment porteurs, pour mettre à contribution notre Modèle Temps Blanc, mais aussi notre expertise en communication, mobilisation,  changement de comportements et intervention au sein des projets de santé au travail.

Cette nouvelle posture nous amènera à travailler sur le cadre de la culture en plus de travailler à l’intérieur du cadre avec les équipes comme on l’a toujours fait.

Les pépites

La suite est enthousiasmante. 

Mais c’est surtout notre « nouvelle »  posture intérieure qui m’impressionne le plus : 

  • Traverser ces défis aurait pu nous faire abandonner 100 fois.
  • Sans aucune certitude, c’est si facile de cesser d’y croire.
  • On a eu envie de lâcher pour vrai quelques fois.
  • Mais nous nous sommes soutenues chacune notre tour. 
  • Nous sommes revenues l’une vers l’autre avec plus de transparence et d’authenticité pour compléter la prochaine étape.
  • Nous avons appris à travailler ensemble dans l’incertitude.
  • Même après 6 ans à travailler avec Marie-Andrée, rien ne nous avait préparées à être autant dans le vrai et le moins l’fun.
  • Nous nous sommes vues comme nous n’avions pas vraiment osé nous montrer l’une à l’autre, avant.

Vulnérables.

J’ai compris pourquoi on dit que la vulnérabilité peut rendre plus fort – lorsque vécue ensemble. Certes, je savais qu’elle nous rendait plus humaines et qu’elle nous permettait de faire preuve d’empathie, de mieux connecter, s’allier. Mais en touchant ce sentiment de vulnérabilité financière et professionnelle pour la première fois dans ma vie – à presque 42 ans – j’ai compris que chaque fois qu’on fait quelque chose qui nous semble a priori impossible, on gagne en confiance et en calme devant la tempête.

Je suis fière de maîtriser de plus en plus ces compétences que sont les compétences psychosociales, à mesure que mes expériences me façonnent.

N’est-ce pas absolument insensé qu’on passe une si grande partie de notre vie à vouloir tout réussir, à choisir des chemins qui nous valorisent dans nos forces, jouant « safe » et nous assurant de ne jamais perdre la face?

Sans pour autant faire l’éloge à la vulnérabilité chronique, bien au contraire, la vulnérabilité ponctuelle, lorsque vécue ensemble (et lorsque ça se finit bien), élève.

Et sans vouloir forcer la note, il y a assurément des liens à faire avec la vulnérabilité psychologique au sein de VOS équipes de travail. 

Apprendre à être humains, ensemble, ça ne passe pas à travers des sondages et des formations classiques, mais par la création de cellules de sécurité psychologiques et d’expériences qui demandent de se commettre, qui demandent du courage.

Lorsqu’on joue trop « safe », on perd notre instinct de survie, celui-là même qui nous fait sentir vivants, capables et unis. 

 

Nous revoilà donc, avec juillet.


Bon, doux et calme été à vous tous et tout.es.
 Et si vous n’êtes pas abonnés à notre infolettre, suiviez le lien en bio pour avoir accès à nos contenus longs et suggestions de lectures estivales.

Julie (MA et Marthe)

*qui expirent enfin*

 

PS: Par rapport à notre nouvelle offre

Mous avons imaginé un accompagnement qui fait bouger l’aiguille pour vrai grâce à une approche participative, qui intègre nos expertises uniques en communication, mobilisation, intervention et coaching.

Nous avons plusieurs portes d’entrée dans les organisations, mais cette offre est destinée spécifiquement aux responsables et comités SST qui chapeautent des initiatives liées à la prévention des risques psychosociaux au travail, comme se conformer à la loi 27, mesurer la présence des différents risques et facteurs de risques, mais aussi intervenir à la lumière des différents facteurs de risques pour cheminer vers une culture de prévention – exactement comme c’est le cas en matière de prévention des blessures physiques et des accidents.

Aux termes de nos premières présentations, recevoir des commentaires comme : « Wow les filles, vous êtes vraiment avancées en la matière par rapport à ce que je vois d’autre dans le marché. », c’est notre plus grande #satisfaction

Nous mettrons notre offre en ligne sous peu, mais si vous rêvez que votre employeur travaille avec nous pour une culture de prévention et d’innovation, écrivez-nous en privé pour qu’on le contacte en priorité.

Nous rêvons de partir en tournée cet été pour présenter notre offre que nous avons tellement plus puissante que l’habituel (et peu impactant) sondage maison + formation.

Vous travaillez sur les dossiers SST/RPS?
Écrivez-nous pour une présentation plus détaillée!